J’ai testé le financement participatif… et je ne peux plus m’arrêter !

Une campagne de don avec contreparties n’est pas incompatible avec une campagne en royalties, qui est également complémentaire à une campagne en prêt ou en capital. Mais est-ce vraiment envisageable de mener plusieurs campagnes pour un même projet ? Comment s’y prendre ? Voici deux exemples d’entreprises qui l’ont fait avec succès.

Avec ses différents modes de financement et les plus de 170 plateformes existantes en France, le crowdfunding est devenu une vraie solution de financement pour les entreprises.

Complémentaire à des solutions plus classiques, comme les subventions et le prêt bancaire, sa diversité ne cesse d’augmenter et le recours au financement participatif peut désormais s’envisager à différents stades de développement d’un projet.

Le Navlab, du don aux royalties pour renforcer sa communauté

Le Navlab, un fablab dédié au nautisme, a fait une première campagne de financement participatif en don avec contreparties sur Kiss Kiss Bank Bank en 2014. Cela lui a permis de se faire connaître et de commencer à mobiliser une communauté d’usagers (en plus de collecter 4 000 €).

navlab1  Six mois plus tard, il lève 11 000 € en royalties avec WE DO GOOD : “ceux qui avaient mis quelques dizaines d’euros lors de la campagne en don, ont mis quelques centaines sur celle en investissement”, explique Bruno Messin, porteur de projet. “Ils ont financé des outils qui leur rapportent, ils ont donc tendance à être plus prudents quand ils l’utilisent et à communiquer dessus.” Cela a ainsi permis au Navlab d’augmenter ses fonds propres et surtout d’élargir et de renforcer la mobilisation de sa communauté. “Avant même le premier versement de nos royalties, certains membres du Navlab étaient impatients de connaître le résultat. L’un d’eux est même venu me voir pour connaître la date de versements et s’assurer que cela ne me mettrait pas en difficulté !”, témoigne Bruno.

Naoden, des royalties au capital pour renforcer sa capacité d’investissement

Le deuxième exemple concerne une entreprise plus industrielle et porte donc sur des montants plus importants : Naoden. Cette start-up, qui développe des centrales bioénergétiques, était considérée comme étant trop innovante (traduction pour les néophytes du financement : risquée) par les banques et les institutions publiques et avait du mal à trouver des financements.

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Ils ont donc décidé de commencer par une levée de fonds en royalties afin de mobiliser et étendre leur love money et de disposer des fonds propres nécessaires au développement de leur entreprise. Cela devait aussi servir à générer de la confiance auprès de partenaires institutionnels. Après une levée de 90 000 € sur WEDOGOOD.co, c’est chose faite. Les banques et les institutions publiques ont été rassurées, ce qui a permis de trouver des financements complémentaires. Selon Eric Mouillé, président de Naoden, “l’approbation du projet par la foule via la campagne en royalties a provoqué un changement radical des relations avec les autres financeurs (banquiers, fonds d’investissement)”.

Naoden vient tout juste de lancer une nouvelle nouvelle levée de fonds de 400 000 € environ, cette fois-ci en capital avec Wiseed, qui leur permettra de développer leur activité en France et à l’étranger, de structurer le réseau national et international de distributeurs, ainsi que de poursuivre la R&D.

Le financement, tout un parcours

Le parcours classique commence souvent par les subventions et aides publiques ou privées, éventuellement complétées par du prêt d’honneur. Une entreprise dans le B2C qui a des produits intéressants à proposer en contreparties a tout intérêt à faire rapidement de la pré-vente en financement participatif pour valider l’intérêt de ses clients.

Ensuite, il faut trouver les moyens d’augmenter ses fonds propres sans trop s’endetter ni diluer son capital trop vite. C’est à ce moment là que les levées de fonds en royalties sont intéressantes. Elles permettent d’aller voir son banquier avec plus d’arguments ou d’ouvrir son capital tout en ayant un meilleur pouvoir de négociation.

Enfin, le financement participatif en prêt peut venir répondre aux besoins de trésorerie d’une entreprise plus mature et dont les perspectives financières sont stabilisées.

En résumé, pour réussir son financement il faut maîtriser les différents dispositifs à activer au bon moment… et bien les articuler (à ce sujet, nous vous invitons à découvrir le parcours idéal de financement proposé par TBF).

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