Comment entreprendre tout en restant en accord avec ses valeurs ?

Comment trouver un équilibre entre ses valeurs personnelles et sa vie professionnelle ? Et comment défendre une activité engagée sur des valeurs auprès d’acteurs institutionnels classiques, tout en étant pris au sérieux ?
Ce sont les deux grands défis mis en évidence lors de la dernière MKS Room de Rennes sur les modèles économiques durables, qui a eu lieu le 23 février dernier.

Rythmée par les envoûtants morceaux de Ian, cet événement co-organisé par MakeSense et WE DO GOOD a libéré la parole des participants sur les défis auxquels ils font face, pour trouver l’équilibre nécessaire et construire une activité qui a du sens et des valeurs tout en étant viable. En tant qu’individus ou entrepreneurs.

Prendre le temps de décloisonner, partager, s’apprivoiser

Pour Jérémie David, développeur territorial de La Cordée, le chaleureux lieu qui nous a accueilli pour cette MKS Room, “il y a encore beaucoup trop d’entrepreneurs qui ne veulent pas parler de leur projet par peur de se faire voler l’idée, or c’est ceux qui ne partagent pas qui finissent par se faire écraser !”. Le décloisonnement, le vrai, passe par le décloisonnement des têtes et des esprits, il ne suffit pas de se retrouver dans un même espace physique.

Cela a été déterminant pour Pierre Rupin, porteur de projet de Pro Spare, le bon coin des stocks industriels. Il a construit sa propre plateforme web : “au départ je n’y connaissais rien, j’ai surtout appris avec mes coworkers à l’Annexe !”.

Ces participants grâce à qui l’on se souvient… de la sagesse du renard du Petit Prince, c’était ça aussi cette MKS Room :  

« – Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
–  C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… »
– Créer des liens ?
– Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons.
Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
»

Pour Béatrice Feltmann, directrice du cluster Eco-origin, construire des modèles économiques durables nécessite d’amener différents types d’acteurs à collaborer, à partager des valeurs. Et, pour cela, il faut créer des bulles de confiance, réconcilier temporalités et vocabulaires, prendre des verres ensemble, laisser les liens se construire : “il faut prendre le temps de s’apprivoiser car, quand le lien est là, tout le reste vient naturellement, on apprend à se faire confiance et à travailler ensemble”.

 

Revoir les vieux modèles, et en inventer de nouveaux

Construire des modèles économiques durables c’est aussi accepter de revoir des modèles de société pour permettre à chacun de vivre décemment d’un travail épanouissant et créateur de valeur, comme le permettrait, par exemple, un revenu de base. Avoir une sécurité financière pour répondre à ses besoins de base et pouvoir créer son modèle par l’action, se faire un réseau, tester son projet, faire grandir son entreprise pour produire plus de valeur… autant d’arguments évoqués qui interpellent sur la pertinence de revoir les dispositifs et les représentations existants.

Car, comme l’a évoqué Béatrice, ce n’est pas parce qu’on essaye d’innover au niveau social ou environnemental qu’on ne réfléchi pas au modèle économique, même si très souvent cela suffit pour qu’on ne soit pas pris au sérieux par les acteurs institutionnels. Il faut donc continuer à travailler tous les jours, chaque jour, pour réconcilier écologie et économie et imaginer de nouveaux modèles, plus pertinents et plus durables. Et c’est cela que nous faisons au quotidien chez WE DO GOOD et que nous essayons de pérenniser par la campagne de financement participatif actuellement en cours.

Ecouter le podcast :

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