La valorisation de sa startup earlystage : un art plus qu’une science exacte

Comment valoriser une startup qui innove dans son marché ? Une entreprise qui n’a pas encore de revenus et peu d’historique financier ? Contribution de Maud Vandaele, chief operating Officer d’Estimeo, l’agence de notation et valorisation des startups.

« Face aux startups, l’incompréhension et l’ignorance sont parfois fortes. Pour beaucoup, il s’agit de boîtes noires difficiles à caractériser. Et pourtant, une génération de startuppeurs est bien là pour bâtir les innovations et les sociétés de demain. » Les Startups earlystage, Pratiques & perspectives, Estimeo & Mazars 2018

valoriser une startup early stage amorçage
Memento Media / Unsplash

Une startup est une entreprise innovante à fort potentiel de croissance dont l’objectif est de changer les usages. Se lancer dans la création d’une startup, c’est chercher à s’imposer sur un marché jeune ou inexistant et croître rapidement. En d’autres termes, c’est se confronter à un double risque : la création d’entreprise et l’innovation. 

Pour se lancer dans l’aventure et la mener à bien, vous aurez besoin de financements et ce, dès le démarrage. En France, il existe des investisseurs et des solutions financières à chaque étape de développement. Qu’attendez-vous ? Lancez-vous !

Dans le financement des startups earlystage, nous pouvons grossièrement identifier trois étapes : l’idéation, la création et l’amorçage.

Tout d’abord, en amont de la création, il est important de récolter un maximum de fonds de votre côté afin de créer et augmenter vos fonds propres sans trop vous diluer. Apports personnels, pôle emploi, prêts, prêts d’honneur, concours, crowdfunding, love money … Essentiels, les fonds propres prouvent votre engagement et sont une garantie de la solvabilité de votre société. Ils seront également utiles pour augmenter votre capacité d’endettement.

Au démarrage de l’aventure, vous pourrez solliciter des aides publiques pour financer votre R&D à travers des subventions comme la Bourse Frenchtech, des prêts d’innovation ou des avances récupérables. Pour cela, rapprochez-vous de Bpifrance et des régions.

Enfin, c’est le lancement de la fusée ! Une fois sur le marché, l’enjeu sera de financer l’exploitation et la croissance de votre projet. Pour cela, des prêts en amorçage et des avantages fiscaux existent pour vous aider. En parallèle, il vous sera désormais possible de vous tourner vers du financement dit dilutif, en se rapprochant de Business Angels et de fonds d’amorçage.

Ces investisseurs vont investir une somme d’argent contre un certain nombre de parts de votre société. La question se pose donc : « à quelle valeur puis-je faire entrer un investisseur au capital ? ». 

Le calcul de la valorisation entre en jeu …

Comment valoriser une startup qui n’a pas de revenus et peu d’historique financier ?

Cela peut s’avérer complexe. La valorisation représente le potentiel futur de votre startup versus le monde incertain dans lequel nous vivons. On parle d’ailleurs de science de l’incertitude et de l’hypothèse. Les chercheurs et les scientifiques s’accordent à dire qu’une seule méthode de valorisation ne suffit pas. D’usage, les investisseurs utilisent plusieurs méthodes combinées. 

Quelle est votre vision ? Soyez clair et montrez votre ambition !

La préparation d’une levée de fonds peut être chronophage mais elle reste essentielle. En amont de la négociation de votre valorisation, vous devrez être clair sur votre vision pour convaincre les investisseurs. Dans le jargon entrepreneurial on parle notamment d’Equity Story.

L’Equity Story est l’histoire que vous allez présenter aux investisseurs pour les rassurer et les convaincre, et dans laquelle figure votre vision et votre ambition Il faut penser à bien expliquer ce que vous allez faire de l’argent levé, quels seront les points d’étape, les tours de financement ultérieurs. En effet, chaque tour de financement en appelle un autre…  L’objectif est de leur montrer que vous regardez loin tout en agissant près.

Un conseil : soyez clair et simple. Chez Estimeo, nous appliquons la Méthode KISS -> Keep it simple, stupid

 « Avec 1 millions d’euros, je vais recruter 5 salariés, créer une communauté engagée de 20 000 clients payeurs en un an et atteindre un revenu mensuel récurrent de 50 000 euros.  D’ici 12 mois, je préparerai un second tour de table en série A pour développer l’offre B2B. »

Peu ou pas de CA ? Et alors ? Soyez transparent & identifiez vos forces ! 

Lorsqu’il s’agit de communiquer vos données aux investisseurs, il faut trouver un équilibre entre les premières données (qui peuvent être assez faibles) et vos projections de croissance future.

Dans l’évaluation de startups earlystage, l’humain prime sur le financier. La situation des startups, par définition très instable et risquée, conduit les méthodes financières à être d’autant moins pertinentes que l’entreprise est à un stade de maturité très jeune. 

De ce fait, l’investisseur pourra allier aux méthodes financières des méthodes extra-financières qui vont mettre en avant d’autres facteurs et critères de succès non financiers.

L’humain et la gouvernance, l’offre et la proposition de valeurs, la stratégie et l’exécution, l’innovation, les brevets, le marché, le paysage concurrentiel… tous ces éléments immatériels seront scrutés.

Chez Estimeo, nous utilisons, notamment, des méthodes qui permettent d’évaluer une startup en la comparant à des entreprises similaires, comme la méthode Berkus ou la méthode Scorecard. 

Le dirigeant doit cependant avoir une idée claire de son business plan afin de montrer sa capacité à créer une entreprise pérenne.

Qui aura le dernier mot ? Soyez réaliste & restez simple.

Finalement, se pose la question du pouvoir de négociation que l’entrepreneur peut avoir par rapport à l’investisseur. Qui aura le dernier mot ? Celui qui a l’argent ?

Valoriser une startup de manière juste vous permettra d’aborder une négociation saine. C’est pourquoi, soyez réaliste.

Si vous survalorisez votre startup, vous risquez d’attirer des investisseurs pernicieux. De plus, une valorisation élevée peut entraîner un pacte d’actionnaires exigeant et injuste accompagné d’objectifs inatteignables. Il faut donc accorder autant d’importance à la valorisation qu’à la négociation des clauses d’actionnaires. Le juridique prime autant que le financier. L’un des conseils est de se faire accompagner par un avocat.

Inversement, une valorisation trop basse risque d’entraîner une dilution trop élevée, une perte de gouvernance des fondateurs et leur désinvestissement.

La valorisation est le fruit de la négociation avec les investisseurs, et une part d’irrationnel reste présente. Sur un même dossier, on peut avoir des valorisations très différentes.

Se faire valoriser par un tiers indépendant comme Estimeo a son importance et permet de faciliter la négociation et créer de la confiance sur la valorisation finale.

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